La classification des Obligations cotées :
Les Obligations sont classées de 3 manières
Par types d’émetteurs :
- Etats : Pour les Obligations émises par des états.
- Entreprises (Corporates) : Pour les Obligations émises par des entreprises.
- Municipales : Pour les Obligations émises par des villes ou des régions.
Par échéance de maturité :
- Court terme : pour les Obligations à échéance de maturité de 1 an à 3 ans.
- Moyen terme : Pour les Obligations à échéance de maturité de 7 ans à 10 ans.
- Long terme : Pour les Obligations à échéance de maturité de 15 ans et plus.
Par notation :
Pour protéger les investisseurs et qu’ils puissent s’y retrouver, les Obligations restants des instruments financiers complexes, des organismes privés (des agences de notation) se sont proposés de mettre en place des notations de santé financière des émetteurs d’Obligations (états, entreprises, municipalités). La meilleure note étant « AAA », et la plus mauvaise étant « D ».
AAA / AA+ / AA / AA- / A+ / A / A- => bonne qualité
- AAA : La capacité à payer les intérêts et à rembourser le capital est extrêmement forte.
- AA : La capacité à payer les intérêts et à rembourser le capital reste très forte.
BBB+ / BBB / BBB- => Qualité moyenne
- BBB : La capacité à payer les intérêts et à rembourser le capital reste encore suffisante, mais elle peut être affectée par des conditions économiques défavorables ou une modification des circonstances.
B+ / B / B- / CCC+ / CCC => Risque élevé
- B : L’émetteur peut toujours faire face à ses engagements, mais la vulnérabilité de l’émetteur aux conditions économiques et financières défavorables est plus importante que pour la catégorie « BB ».
- CCC : Le remboursement du capital à l’échéance est douteux et dépend de conditions économiques et financières favorables.
CCC- / CC / C / SD / RD / D => En défaut de paiement
- CC : Le remboursement du capital à l’échéance est très douteux et très dépendant de conditions économiques et financières favorables. Risque très important de défaut de paiement.
- SD et D : Déjà en défaut de paiement des intérêts ou du remboursement du capital.
Plus la note sera mauvaise plus le taux de rendement demandé sur l’Obligation de l’émetteur noté sera important. Mais les Obligations dites « sûres », car bien notées, ne sont pas forcément plus sûres.
Les caractéristiques d’une Obligation cotées :
- Le nom de l’émetteur : C’est celui qui émet l’Obligation. (L’emprunteur).
- Le nominal : C’est la part du capital emprunté par titre.
- Le taux nominal (ou taux facial) : C’est le taux à appliquer à la valeur nominale pour calculer le coupon (l’intérêt).
- La qualité de l’émetteur : (évaluée ou pas par une agence de notation) Plus la note est mauvaise plus l’emprunteur devra proposer un taux attractif.
- Le prix d’émission : C’est le prix payé par le souscripteur à l’émission. Il peut y avoir une différence avec le nominal s’il y a une prime d’émission. (S’il n’y a pas de prime ont dit que l’émission se fait « au pair ».)
- Le prix de remboursement : C’est le montant payé lors du remboursement. Il peut y avoir une différence avec le nominal s’il y a une prime de remboursement. (S’il n’y a pas de prime ont dit que le remboursement se fait « au pair ».)
- Le taux actuariel : C’est le taux de rendement du titre de créance, en prenant en compte toutes ses caractéristiques (y compris l’existence de prime).
- La date de jouissance : C’est la date à partir de laquelle est calculée le premier coupon. (C’est souvent la date de règlement de l’emprunt).
- La date de maturité : C’est la date qui correspond à la date de remboursement, la date à laquelle le contrat qui lie l’émetteur et le porteur de l’Obligation (le prêteur) prend fin. (Généralement les Obligations sont remboursées à l’échéance, « in fine »). Qu’est-ce qui influence le prix d’une Obligation :
Qu’est-ce qui influence le prix d’une Obligation cotée ?
- Les taux d’intérêt : Si les taux augmentent le prix diminue, si les taux diminuent le prix augmente. La particularité des Obligations (à taux fixe), c’est que leur prix varie inversement en fonction des taux d’intérêt. Lorsque les taux d’intérêt augmentent, les prix des Obligations actuellement émises baissent, et inversement si les taux des nouvelles Obligations émises baissent.
Qu’est-ce qui influence les taux d’intérêt ?
- Les taux directeurs des banques centrales : C’est le point de départ des taux, après ils seront influencés à la hausse ou à la baisse par les critères qui suivent.
- La qualité de l’émetteur : Plus il y a de risque que l’émetteur ne vous rembourse pas plus le taux d’intérêt sera élevé.
- La maturité de L’Obligation : Plus la maturité de l’Obligation sera longue, plus le prix de l’Obligation sera influencé par les changements de taux.
- L’offre et la demande : Plus il y aura de demandes (plus il y aura d’investisseurs qui veulent prêter à l’émetteur de l’Obligation), plus ça fera monter le prix de l’obligation, et donc mécaniquement faire baisser le taux d’intérêt.
Par exemple : Pour une Obligation à 100 euros, déjà émise, qui sera remboursée dans 10 ans, et qui a un taux d’intérêt de 5%, si les taux d’intérêt montent, c’est-à-dire que les nouvelles Obligations émises à 10 ans ont un taux de 6%, les investisseurs vont vendre l’Obligation précédemment émise qui rapporte moins (5%), ce qui aura pour impacte de faire baisser son prix (sa valeur).
Plus l’échéance sera proche ou plus la durée de maturité de l’Obligation sera courte, moins l’impact de l’évolution des taux d’intérêt sera important, puisqu’à l’échéance, les prêteurs (les investisseurs) sont sûrs d’être remboursés à 100%. C’est pourquoi les prix des Obligations à échéance plus longue fluctuent beaucoup plus.
Défaut de paiement partiel et total :
Lors de la crise financière de 2008, la banque Lehman Brother a fait faillite alors qu’elle avait une note « A », l’assureur AIG a fait faillite alors qu’il avait une note « AAA », idem pour Enron qui a fait faillite alors qu’elle avait une note « AAA ».
Contrairement à une fausse croyance qui est véhiculée : « les états ne font jamais défaut », les états peuvent aussi faire défaut, c’est beaucoup plus rare, mais c’est déjà arrivé. Quand ça arrive, ce sont souvent des défauts partiels avec des restructurations de dettes.
Quelques années de défaut total d’un état :
- France => 1558, 1624, 1648, 1661, 1701, 1715, 1770, 1788, 1797.
- Espagne => 1557, 1575, 1596, 1607, 1627, 1647.
- Danemark => 1813.
- Angleterre => 1340, 1472, 1594.
- Allemagne => 1683.
- Autriche => 1796.
- Portugal => 1560.
- Grèce => 2012.
(Source : Reinhart & Rogoff)
Quelques années de défaut partiel d’un état :
- Australie => 1931-1932.
- Autriche => 1802, 1805, 1811, 1816, 1868, 1938, 1940.
- Allemagne => 1932, 1939.
- Hongrie => 1802, 1805, 1811, 1816, 1868, 1932, 1941.
- Espagne => 1809, 1820, 1831, 1834, 1851, 1867, 1872, 1882.
- Italie => 1926, 1934
- Etats-Unis => 1790, 1814, 1933,
- France => 1812, 1826, 1843, 1860, 1893.
- Belgique => 1930.
- Danemark => 1813.
- Pays-Bas => 1814.
- Portugal => 1828, 1837, 1841, 1845, 1852, 1890.
- Pologne => 1920-1930, 1945.
- Russie => 1839, 1885, 1918, 1991, 1998.
- Suède => 1812.
- Suisse => 1915-1920, 1939-1948.
- Argentine => 1827, 1890, 1951, 1956, 1982, 1989, 2001.
- Brésil => 1898, 1902, 1914, 1931, 1937, 1961, 1964, 1983.
- Mexique => 1827, 1833, 1844, 1866, 1898, 1914, 1928, 1982.
- Chine => 1921, 1939.
- Japon => 1942.
- Inde => 1947, 1958, 1969, 1972.
- Afrique du Sud => 1910, 1985, 1989, 1993.
- Maroc => 1956, 1903, 1983, 1986.
(Source : Reinhart & Rogoff, Reinhart & Sbrancia, Swiss National Bank, IMF — Financial Repression Database, U.S. Supreme Court, Congressional Research Service (CRS), U.S. Treasury, Australian Treasury historical records, IMF Working Paper WP/13/266, Eichengreen – Globalizing Capital)
Les Obligations d’états détenues par des étrangers :
Les Obligations d’états sont considérées comme plus sûres que les Obligations d’entreprises, parce qu’aussi longtemps qu’un état pourra taxer les gens et augmenter les impôts, il n’y aura pas de risque de défaut. Autre subtilité, un état ne meurt jamais, il a donc tout son temps pour rembourser. Cependant …
Historiquement, pendant les crises financières de grandes ampleurs, les pays en difficultés qui ont un gouvernement mondialiste (droite ou gauche) vont la plupart du temps choisir d’augmenter les impôts pour pouvoir continue de payer les investisseurs étrangers détenteurs de leurs Obligations, et ainsi garder de bonnes relations avec les institutions ou états étrangers qui leur ont prêté de l’argent.
Les pays avec un gouvernement nationaliste (droite ou gauche) vont la plupart du temps empêcher les investisseurs étrangers de retirer leur argent, rajouter une taxe pour les investisseurs étrangers, ou ne pas rembourser les investisseurs étrangers en se mettant en défaut partiel.
Les Obligations indexées sur l’inflation :
Aussi appelés « TIPS », les Obligations indexées sur l’inflation constituent la meilleure protection contre l’inflation, car le calcul du paiement des intérêts établie une correspondance directe entre les rendements et l’inflation. Ce sont des Obligations à taux fixe, mais dont le nominal est indexé sur l’inflation, elles ont pour objectif de suivre l’inflation à partir de l’indice des prix à la consommation (hors tabac).